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Grammaire de l’imagination : trucs pour imaginer des histoires

Il y a de cela quelques semaines, un mystérieux colis traînait dans ma boîte aux lettres… Je sais qu’il ne fait pas juger un livre par sa couverture, mais en le déballant, j’ai découvert un très joli livre au titre aussi contradictoire qu’évocateur : Grammaire de l’imagination. (Avouons-le, y a-t-il quelque chose de moins imaginatif que la grammaire? C’est ce que je me suis dit…)

Ce livre c’est Anabelle qui me l’avait envoyé, convaincue que j’apprécierais…

En effet, pour mon premier billet sur LPMD, j’écrivais ce billet sur des exercices créatifs qui complètent la lecture. Mais voilà qu’en feuillant rapidement ce livre… je me suis rendu compte que quelqu’un d’autre avait réfléchi à cette question bien avant moi et avait conçu des techniques de création d’histoires à faire avec les enfants beaucoup plus détaillées et élaborées que les miennes… (Oui, moi et mes 5 exercices créatifs on a encore des croûtes à manger…)

Pour tout vous dire, ce quelqu’un s’appelle Gianni Rodari… et je ne vous mentirais pas si je vous disais que ce livre m’a fait « rencontrer » une nouvelle source d’inspiration !

Gianni Rodari

Gianni Rodari est un écrivain italien décédé en 1980. Il a été instituteur, pédagogue, journaliste et directeur d’une revue pour les enfants. Reconnu ni plus ni moins comme l’un des meilleurs auteurs italiens pour la jeunesse, il est l’auteur et l’illustrateur de plusieurs livres traduits aux quatre coins de globes et a reçu le prix Hans Christian Andersen en 1970, la plus haute distinction en littérature jeunesse. Ici, on le connaît surtout pour certaines de ses histoires comme Histoires à la courte paille, La flèche bleue et Quel cafouillage !.

Grammaire de l’imagination

Grammaire de l'imaginationPourquoi ce titre? Parce que Rodari tente avec ce livre de créer une espèce de grammaire afin de dégager des principes déclencheurs derrière la création d’histoires. Ceux-ci découlent de son expérience avec les enfants et sont inspirés des théories et des techniques trouvées chez les surréalistes, les anthropologues et les philosophes. L’essai est divisé en 44 courts chapitres et contient presque autant de trucs et exercices destinés à faire naître des histoires. Le livre est parsemé d’exemples, d’anecdotes, mais aussi d’histoires composées par Rodari, visiblement un conteur hors pair capable d’improviser les histoires les plus originales.

Oui, il contient beaucoup d’informations et de références, mais ne vous méprenez pas, ce livre ne s’adresse pas aux auteurs d’histoires pour la jeunesse (bien que ceux-ci y trouveraient sûrement leur compte !) mais aux adultes côtoyant ou travaillant avec des enfants : parents, éducateur, enseignants, animateurs qui souhaitent stimuler le potentiel créatif de leurs jeunes. Pour Rodari le conte constitue un matériel pour bien se développer. Ainsi, un esprit habitué à inventer des mots pourra l’appliquer à tous les autres domaines. Pour lui, la créativité est une qualité à entretenir afin de résister à ce qui communément admit. Elle permet de penser par soi-même, de quitter les sentiers battus et de regarder ailleurs plutôt qu’uniquement aux endroits où d’autres trouveront des réponses satisfaisantes.

5 techniques afin d’imaginer des histoires selon Gianni Rodari

Parce qu’un des gros avantages de ce livre est qu’il contient beaucoup de pistes menant vers des activités pratiques, j’ai pensé vous faire part de quelques-uns de ses trucs et procédés afin de vous donner un bref aperçu !

1. Le binôme imaginatif

Rodari a inventé ce terme qui signifie associer 2 mots choisis au hasard qui sont le plus éloignés possible dans leur signification afin d’inventer une histoire avec eux. Pour lui, si le mot isolé peut évoquer une histoire, c’est véritablement la rencontre entre 2 mots qui agit comme une force sur l’imagination et la provoque.

2. À la manière des surréalistes

L’exercice inventé par les surréalistes consiste à composer un poème à partir des titres de journaux. On peut alors de les placer dans un ordre choisi afin de créer une suite entre les différents titres. (Pourquoi ne pas essayer cette même technique avec vos titres de livres jeunesse préférés?)

3. Contes défaits ou comment faire dérailler des histoires

L’idée derrière cette technique est de choisir 5 mots qui résument une histoire familière et d’y ajouter un intrus qui détonne au milieu de l’ensemble. Ceci formera une nouvelle histoire destinée à faire dérailler l’histoire originale. Par exemple, les mots : « petite fille », « fleurs », « bois », « loup », « grand-mère » et « hélicoptère » pourraient mener à une nouvelle version transformée du Petit chaperon rouge.

4. Contes à l’envers 

Il s’agit d’un procédé qui nous permet de raconter une histoire connue en changeant plusieurs éléments pour leur contraire. Par exemple, dans une nouvelle version du chaperon rouge, celui-ci serait méchant, alors que le loup serait gentil.

5. La technique du « Après qu’arrivera-t-il? »

Après avoir lu une histoire, inviter les jeunes à y trouver une suite ou plutôt ce qui arriverait aux personnages dans le tome 2 de la série. Par exemple, leur demander d’imaginer « Cendrillon 2 » et d’en développer l’histoire.

Voilà ! Amusez-vous bien !

Grammaire de l’Imagination
Gianni Rodari
Éditions : Rue du monde, 2010
ISBN : 9782355041280

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