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15 octobre 2015

PJLQ : Les mots bleus de Félicie

Depuis qu’elle est toute petite, Félicie Pickel collectionne les mots, les attrapant quand ils apparaissent devant elle ou sortent de la tête des gens qui n’ont plus assez de place pour les garder. C’est sa façon de se calmer, de se rassurer lorsque sa mère la trimballe avec sa sœur dans tous les coins des États-Unis.

Si la jeune fille est habituée à ce rythme de vie, tout comme elle est habituée à ne pas arriver à prononcer les mots qu’elle consigne dans son carnet bleu, tout change lorsqu’elle arrive à Midnight Gulch, petit village natal de sa mère. Parce que Midnight Gulch est « un endroit pour être chez soi » et que c’est ce que Félicie désire par-dessus tout. D’autant plus que le petit village semble bel et bien magique, du moins si on se fit aux glaces d’Oliver et aux actions du Bidole. Quand Félicie entend parler de la triste histoire des frères Loqueteux qui se sont jadis battus en Duel avant de partir chacun de leur côté, maudits par une terrible malédiction, la jeune fille se dit qu’elle a peut-être bien en main les éléments du puzzle qui lui permettraient de ramener un peu de magie dans le village et de donner envie au cœur nomade de sa mère de se poser enfin quelque part.

Les mots bleus de FélicieRésolument optimiste, Les mots bleus de Félicie mélange l’extraordinaire au quotidien et parle d’abandon, de solitude, de réconciliation et de magie à travers une courtepointe de récits, tous liés aux personnages que rencontre Félicie.

Ce que je pense de « Les mots bleus de Félicie »

Amoureuse des mots, j’ai été rapidement captivée par l’univers mis en place dans ce premier roman de Nathalie Lloyd avec cette narratrice qui voit « solitaire » apparaître chaque fois qu’elle entre dans une nouvelle cafétéria scolaire, profondément triste d’être sans arrêt sur la route, mais qui entend aussi son cœur chanter « Oui, oui, oui ! » quand elle est sur une bonne piste.

Les mots bleus de Félicie nous entraine dans une histoire très visuelle et remplie de personnages tous plus extraordinaires les uns que les autres, un peu comme dans un film de Tim Burton, de la tante armée de ses bigoudis qui crée des courtepointes et « rapièce, reprise, raccommode les morceaux » au glacier qui aide les gens à se souvenir grâce à l’Aurore de mûres, en passant par Le Bidole, bienfaiteur anonyme… et bien d’autres encore !

Si le nœud du récit est cette incapacité de la mère de Félicie à rester en place et la tristesse qui enveloppe la famille depuis le départ de Roger Pickel, il y a aussi dans ce livre toutes les petites histoires des habitants du village et l’intrigue liée aux frères Loqueteux qui pourraient bien, des générations auparavant, être responsables de l’absence de racines de Félicie. Pour ne pas nous perdre dans son histoire délirante et fantaisiste, Nathalie Lloyd en attache tranquillement les morceaux pour former une fresque impressionnante, préparant ainsi une finale qui réchauffera les cœurs les plus arides.

À noter, la traduction joue ici un rôle très important parce que les mots sont au cœur du récit et, si je n’ai pas lu la version originale, je crois bien qu’on en a gardé toute la saveur dans la version française. Bravo !

Si vous avez aimé, vous pourriez être tenté par Le formidable voyage de Missy Beaumont (voir ICI).

>>> Pour me suivre : www.sophielit.ca

Les mots bleus de Félicie
Nathalie Lloyd
Éditions : Seuil, 2015
ISBN : 9791023502084

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PJLQ : Les mots bleus de Félicie

*** Les p’tits mots-dits sont fiers d’être partenaires du Prix jeunesse des libraires du Québec pour sa 5e édition. ***