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La Bête à 4 z’yeux : attention à ne pas croire tout ce qu’on raconte

Vous avez entendu la nouvelle ? Une terrible bête vit dans la forêt ! Comment je le sais ? C’est l’Oiseau, qui l’a dit à Lièvre, qui l’a dit à Renardeau qui me l’a dit ! Quoi ? Vous ne me croyez pas ? Vous faites bien ! C’est justement le sujet des fausses rumeurs qu’aborde La Bête à 4 z’yeux.

La Bête à 4 z’yeux

Cette histoire commence quand Sam et Ingrid, deux petites souris, bavardent d’une fête ayant lieu chez leur copine Lulu, le samedi suivant. L’Oiseau n’est pas très loin et entend tout… Mais a-t-il vraiment entendu? S’en suit un jeu du téléphone arabe qui prend des proportions inquiétantes pour nos amis, mais assurément comiques pour les petits lecteurs. D’une personne à l’autre, on apprend qu’une bête vit chez Lulu, qu’elle est velue et vilaine et surtout, qu’elle a quatre yeux luisants ! Brr !

La Bête à 4 z'yeux - il ne faut pas croire tout ce qu'on raconte

Si les autres animaux de la forêt semblent d’abord sceptiques, le ton inquiet de nos trois amis en encourage plusieurs à les aider à construire un piège et à se tapir dans les herbes, en attendant l’apparition de la bête… J’espère que vous avez bien observé chaque page, car vous êtes suivis depuis le début !

J’ai adoré cet album, entièrement écrit et illustré par Caroline Merola, dont la réputation n’est plus à faire dans l’univers de la littérature jeunesse. Dans La Bête à 4 z’yeux, elle a conservé un style un peu « bande dessinée » avec les discussions des personnages en phylactères. Il ne faut pas oublier qu’en plus de sa longue liste d’albums jeunesse, Caroline Merola a publié plusieurs albums du neuvième art ! Les illustrations ludiques nous en mettent plein la vue avec les coups de crayon de bois aux couleurs vives. Son histoire est intrigante et la naïveté et l’inquiétude de nos trois hurluberlus les rendent encore plus attachants. C’est un véritable plaisir de les découvrir à chaque page et de voir où leur mauvaise compréhension les mènera. La finale de l’histoire encourage le lecteur à revisiter l’album, page par page, avec un plaisir assuré.

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Il ne faut pas croire tout ce qu’on raconte

Enfant, le jeu du téléphone arabe était souvent une expérience amusante à jouer en classe, parce que la phrase du début se terminait inévitablement en un cafouillis peu réaliste. Dans La Bête à 4 z’yeux, c’est un peu le même scénario qui se produit, sans toutefois que les trois amis aient été invités à jouer ! Faut-il croire tout ce qu’on entend? C’est la question qu’on peut poser à ses petits lecteurs. Avec le ton humoristique de l’autrice, les légendes effrayantes sont alors dédramatisées. Cet album m’a beaucoup servi avec mes 5-ans pour éveiller leur esprit critique, que ce soit pour affronter la petite peur d’un monstre caché sous le lit ou pour remettre en question une histoire peu crédible d’une amie de la garderie.

La Bête à 4 z'yeux - il ne faut pas croire tout ce qu'on raconte

Confronter ses préjugés

« Elle n’est pas comme nous. Si elle veut nous attaquer, c’est sûrement pour nous manger ! »

La Bête à 4 z’yeux est paru au début de 2018 et en en faisant la lecture à mes enfants, ce bout de conversation entre Oiseau, Lièvre et Renardeau m’a happée. J’ai trouvé que cet album était bien dans l’air du temps : une époque où l’information et la désinformation sont tout autant abondantes l’une que l’autre, et où la peur de l’autre, trop souvent par méconnaissance, est bien réelle. Avec son album La Bête à 4 z’yeux, Caroline Merola nous offre avec beaucoup d’humour et d’humilité une belle leçon : et si, avant de juger et de répandre des rumeurs, on se renseignait? La vie serait sans doute aussi douce et amusante qu’une fête chez Lulu !

La Bête à 4 z’yeux
Caroline Merola
Éditions : Edito jeunesse, 2018
ISBN : 9782924720547

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