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30 avril 2018

Mon premier doc : une collection québécoise chez les éditions Auzou !

Un nom pour chaque chose

Qui n’aime pas mettre un nom sur tel « engin » aperçu sur la route, tel « machin » qui produit de la musique, ou encore tel ou tel « truc » observé au hasard d’une balade? Je parie que la majorité des personnes préféreraient savoir comment toutes ces « bidules » s’appellent. Et c’est là, selon moi, un des aspects les plus intéressants de la collection Mon premier doc des éditions Auzou : faire connaître aux petits (et parfois… souvent? aux adultes aussi) le terme exact pour désigner l’« affaire » photographiée sur l’une ou l’autre page des albums que cette collection comporte. Cette chose, dont on apprendra aussi les principales caractéristiques, ce peut aussi bien être un engin de chantier, un véhicule d’urgence, un instrument de musique, ou une roche, un minéral, une fleur, un arbre du Québec.

Les points communs des six albums de la collection Mon premier doc

Éditions Auzou Les crisLa maison Auzou a choisi de confier la rédaction de chacun des albums de la collection à des auteurs du Québec, de façon à bien montrer, nommer et décrire la réalité d’ici. C’est d’ailleurs loin d’être la première fois que l’éditeur français travaille avec des auteurs et illustrateurs de chez nous pour produire des livres jeunesse spécifiques au Québec. Plusieurs ouvrages mettant en valeur des sujets très variés, tels que notre faune, nos contes et légendes, les peuples autochtones, l’art moderne du Québec ou encore des personnalités sportives ou autres qui ont marqué notre histoire, ont été produits par Auzou au cours des dernières années.

Ainsi, chaque livre de la collection Mon premier doc est conçu pour le jeune public québécois, soit par Julie Adam, rédactrice, traductrice et terminologue, ou Jérôme Carrier, naturaliste. Destinés aux enfants de 3 ans et plus, les albums se présentent tous de la même façon : d’abord un sommaire, puis 24 magnifiques photos des 24 éléments en question, leur nom (précédé d’un article dévoilant, s’il n’est pas élidé, le genre du mot), une courte description en deux ou trois phrases, le tout sur de belles pages colorées et plastifiées, reliées dans une couverture matelassée. Quant au coût unitaire de chacun : 8,95 $. Vraiment abordable, on en conviendra, pour des ouvrages de cette qualité!

Les engins de chantier

Mon premier doc - Les engins de chantier éditions AuzouDans cet album, le terme engin de chantier est à prendre au sens le plus large possible. On y survole non seulement l’univers des chantiers à proprement parler mais aussi ceux des champs agricoles, des territoires forestiers, des mines et, nordicité oblige, de nos routes enneigées ou glacées. Dans plusieurs cas, on a plaisir à suivre une activité à travers différents engins qui se succèdent pour la réaliser et qui ont été placés à la suite dans l’album : par exemple, l’entretien des routes par le chasse-neige, la souffleuse à neige et la saleuse, ou encore l’exploitation forestière par l’abatteuse-groupeuse, le débardeur à pince et l’ébrancheuse-tronçonneuse. Côté vocabulaire, pour qu’on s’y retrouve bien, des désignations courantes au Québec ont été ajoutées aux termes officiels. On nous mentionne ainsi que le chasse-neige est couramment appelé gratte ou charrue et que le bouteur est aussi connu sous le nom de bulldozer. Pour la description des différents engins, à l’évidence, un soin a été apporté à bien cibler les traits définitoires essentiels de chacun et à choisir des mots justes et évocateurs pour le présenter aux tout-petits. Ce souci se voit notamment dans des définitions imagées comme celles de la souffleuse à neige, qui avale la neige dans son tambour, et du tombereau, ce camion à benne géant qui apparaît tel un colosse des chantiers et des mines.

Les véhicules d’urgence

Mon premier doc LES VÉHICULES D'URGENCE Éditions AuzouLa majorité des caractéristiques notées pour l’album précédent se retrouvent dans celui-ci, qui a été rédigé par la même auteure. Ici encore, c’est dans la concision, l’usage québécois correct et la justesse des mots qu’on nous donne à voir la réalité de ces formidables véhicules qui circulent aux quatre coins du Québec. En matière de représentativité québécoise, le modèle UMA 17 illustrant l’embarcation de sauvetage en eaux glacées constitue un très bon exemple. Ce bateau, conçu au Québec, a été adopté par la Garde côtière canadienne, le Service de sécurité incendie de Montréal et de nombreux autres services d’urgence du Québec. De même, la réalité québécoise se traduit par le choix des mots, tant pour désigner les notions retenues que pour les définir avec des images comme celles de l’avion-citerne qui remplit son ventre d’eau ou du camion aéroportuaire, un colosse capable de tout éteindre. Note importante : J’ai entendu dire que cet album et le précédent font la joie tant de fillettes que de garçons. Il faut donc penser à les mettre entre toutes les petites mains curieuses…

Les instruments de musique

Mon premier doc Les instruments de musique - Éditions AuzouIl est bien connu que l’apprentissage de la musique a plusieurs vertus. Et pour donner aux enfants l’envie de jouer de la musique, il est sûrement pertinent de leur présenter les différents instruments de musique, seuls ou mis en action par des adultes ou des enfants, et de leur en expliquer le fonctionnement. Quoique d’un sujet bien différent de ceux ci-dessus et ci-dessous, cet album fait comme les autres un survol très intéressant de la question, et de manière bien fine et adaptée pour les petits. Ils auront ainsi sans doute plaisir à apprendre, par exemple, que les cordes de l’archet du violon sont faites en… crin de cheval!, qu’en Martinique, pour jouer du tambour, on utilise même… les pieds!, que la flûte à bec s’appelle ainsi car l’embout dans lequel il faut souffler pour obtenir la musique a une forme de bec d’oiseau, que le nom du saxophone vient de son créateur, Adolphe Sax, et que la flûte de pan tient son nom du dieu de la Grèce antique mi-homme mi-chèvre, Pan, qu’on représentait souvent avec cette flûte. Vraiment, la quantité de mots présentés et expliqués aux enfants à travers cette collection est impressionnante!

Les roches et minéraux du Québec

Mon premier doc - Les roches et minéraux du Québec Éditions AuzouVoici une « mine » de renseignements pour initier les jeunes à la géologie, tant sur le plan du vocabulaire, encore une fois, que sur celui des photographies de grande précision et des informations décrivant chaque roche et minéral ainsi que son usage. On apprend ainsi notamment que la pyrite a aussi été appelée l’or des fous parce que les chercheurs d’or croyaient y voir ce métal précieux; que le quartz est aussi appelé cristal de roche; qu’on retrouve des agates, formées de couches de silice de couleur vive, dans le massif des Chic-Chocs en Gaspésie; qu’on fait des tôles avec le cuivre pour couvrir le toit de certains bâtiments, comme le château Frontenac; que la stéatite, aussi appelée pierre à savon à cause de sa texture et de sa friabilité, est souvent utilisée par les Inuits pour réaliser d’originales sculptures d’hommes ou d’animaux; qu’autrefois, c’est du talc qu’on mettait sur les fesses des bébés pour soulager les rougeurs; et que la plomberie tire son nom des tuyaux qui étaient fabriqués en plomb dans le passé. Bien parlant, que tout cela!

La flore du Québec et Les arbres du Québec

Mon premier doc - Les roches et minéraux du Québec Éditions AuzouVoilà deux autres albums qui débordent de détails visant à capter l’attention des enfants, à les enrichir de vocabulaire, d’images et de connaissances, et à piquer leur curiosité vers de plus grandes explorations dans le merveilleux univers des fleurs et des arbres du Québec. Des exemples de ce qu’on y apprend? Eh bien, côté fleurs, on nous dit que : les Amérindiens et les coureurs des bois se faisaient un excellent thé en infusant quelques feuilles du thé du Labrador; la sanguinaire est aussi appelée sang-dragon en raison de la couleur de sa sève qui est rouge sang; le trille rouge, trille comme trois, comporte trois feuilles, trois pétales et trois sépales par plant; on appelle parfois les fruits du cornouiller quatre-temps pain de perdrix, car ces oiseaux en mangent beaucoup; les mûres sauvages – Qu’elles sont bonnes! – peuvent être cueillies en août. Côté arbres maintenant : le pin blanc est le géant de nos forêts; c’est l’écorce rougeâtre du pin rouge qui lui a donné son nom; la pruche est l’arbre qui peut vivre le plus longtemps au Québec, certaines auraient même plus de 700 ans!; lorsqu’une branche de l’épinette noire touche le sol humide, elle peut donner naissance à un nouvel arbre; notre sapin de Noël s’appelle sapin baumier, un arbre aux mille usages; le bouleau blanc est aussi appelé bouleau à papier; le chêne rouge est le dernier arbre à perdre ses feuilles en automne; et on fait d’excellentes tisanes avec les fleurs de tilleul.

Pour terminer sur ces six albums, une anecdote : lorsque j’ai suggéré à Anabelle de faire un billet sur ces ouvrages, elle a tout de suite acquiescé, me relatant que lorsque sa petite fille avait deux ans et demi, elle pouvait identifier tous les oiseaux de la cour grâce au livre sur le sujet aussi publié chez Auzou, par le même auteur. Ça en dit beaucoup sur l’intérêt de ces collections!

Puis en complément : Mon très grand herbier du Québec

Mon très grand herbier du Québec - Éditions AuzouJe présente cet album hors collection en complémentarité avec ceux de Mon premier doc en raison du sujet qui y est traité. En effet, certains des éléments contenus dans La flore du Québec et Les arbres du Québec y sont repris, mais le livre, qui s’adresse à des jeunes un peu plus âgés, comporte bien davantage : 72 plantes et arbres du Québec répartis en 10 catégories, chaque espèce étant photographiée, nommée et décrite selon ses principales caractéristiques, son habitat et l’usage qui en est fait dans différents domaines, puis dans une fiche d’identité comportant sa hauteur, le moment de sa floraison et sa localisation, en plus d’une illustration botanique et de son nom latin. Quelques instructions sommaires pour réaliser son propre herbier, un lexique et un sommaire complètent l’ouvrage.

Ici, pour décrire cet album, je me permets d’emprunter les mots d’Andrée Poulin, auteure, journaliste et blogueuse, car je trouve qu’ils sont très jolis et qu’ils servent bien mon propos : « À lire la table des matières, on croirait nager en plein recueil de poésie. Avec des mots aux tonalités mélodieuses, aux consonances exotiques, des mots vibrants et aussi invitants que le chant des sirènes. Lisez pour voir : clintonie boréale, célastre grimpant, cornouiller stolonifère, nymphéa odorant, utriculaire vulgaire, ginseng à cinq folioles et mon expression préférée entre toutes : zizanie naine. Non, nous ne sommes pas chez les poètes, mais plutôt dans le monde merveilleux des botanistes. Ouvrez, ouvrez-le tout grand cet herbier géant, car il mérite qu’on s’y perde, qu’on s’y balade, qu’on s’y enfonce aussi joyeusement qu’un botaniste zélé en quête de plantes rares. »

Le mot de la fin (de mon billet, pas de la collection Mon premier doc …)

Alors, voilà qui fait le tour… pour l’instant! Car oui, j’ai su que la collection allait bientôt s’enrichir de plusieurs autres albums. Aussi, si vous êtes intéressés par tout ce vocabulaire illustré et toutes ces connaissances disponibles (à prix modique) pour les enfants qui vous entourent, et que vous n’avez pas encore consulté les albums parus, je vous suggère de le faire maintenant. C’est qu’il y a déjà quelque 200 éléments à absorber dans cette collection et dans l’album complémentaire présenté!

Pour poursuivre sur cette belle lancée de découvertes :

◆  Une liste par région de plus de 75 activités éducatives en lien avec les roches et minéraux, répertoriées par l’Institut national des mines du Québec (INMQ).

De magnifiques activités éducatives et trousses pédagogiques Frédéric Back gratuites autour du thème de la forêt et des arbres.

◆ Un précieux dépliant PDF du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) sur l’aménagement de la forêt boréale, contenant plusieurs jeux et leurs solutions

◆  Une foule d’outils éducatifs pour le primaire et le secondaire sur la forêt et le bois, répertoriés par l’Association forestière des deux rives (AF2R)

◆  3 raisons + 5 trucs pour jardiner avec les enfants ET Un jardin dans la cour… d’école! (témoignage d’une directrice d’école primaire de Rimouski)

◆ De belles pistes exploratoires du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) sur Les engins de chantier, Les roches et minéraux du Québec, La flore du Québec et Mon très grand herbier du Québec.

◆  Un billet de ma collègue Éliane sur un autre formidable herbier.

Pour vous procurer les albums de la collection Mon premier doc et d’autres collections québécoises, cliquez ici :